Le Grand Temoin
Thierry Perret, ancien journaliste à Radio France Internationale, a écrit plusieurs livres sur l’Afrique et codirige l’ouvrage Les 100 Clés de l’Afrique (Hachette Littératures/RFI, 2006). En 2014, il a publié Mali, une crise au Sahel (Karthala). Il a été attaché culturel en Algérie de 2010 à 2014Le dernier livre de Thierry Perret, Les Algériens si méconnus, publié aux Ateliers Henri Dougier, éclaire cet univers longtemps fermé qui surprend tant par l’expression réitérée de ses constantes depuis l’Indépendance, constantes politiques, culturelles, économiques, que par la diversité et la force des aspirations des jeunes générations. Un ouvrage court – 144 pages – mais dense, où la plupart des acteurs interrogés cherche encore à « sortir de la sidération » causée par la décennie noire et l’isolement qui s’en est suivi. Cet ancien journaliste à Radio France Internationale a réalisé une trentaine d’interviewes pour cet ouvrage, où les heureux élus ont en commun d’être des penseurs algériens qui analysent le monde dans lequel ils évoluent. Pris entre « les appels contradictoires de la religion et de la consommation de masse », ils témoignent de leurs craintes des lendemains qui déchantent autant que de leur capacité à inventer le futur.
Le Grand Témoin est en compagnie ce dimanche d’une très grande femme Akila Abdelmomen Ouared moudjahida , militante de la fédération de France mais aussi une très grande militante pour la promotion des droits de la femme plus précisément des droits humain .Akila Abdelmoumen Ouared nous raconte et partage son parcoure et ses souvenirs mémorable qu’elle garde au fond d’elle de la guerre de la libération national.
Cheikh Hadj M'Hamed Tahar Fergani, le maître incontestable du malouf, est né le 9 mai 1928 à Constantine d'une famille artistique connu dans la capitale de l'Est algérien. Fils de Hamou Fergani, également chanteur de malouf, il est formé dès son jeune âge aux instruments andalous. Il débute ses premiers pas dans la musique avec un penchant pour la musique orientale dans l'ensemble Touloul El Fajr avant de revenir au malouf, sous les ordres de Cheikh Hassouna et Cheikh Baba Abid. Avec sa voix exceptionnelle, Mohamed Tahar Fergani est l'un des rares chanteurs à interpréter des compositions sur quatre octaves. Le défunt avait créé sa propre troupe et école musicale. Celui que l'on surnommait le maître du malouf interprétait aussi le Mahjouz, Zjoul et le Hawzi. De son immense répertoire qui compte plus de 100 enregistrements qui l'ont fait connaître de génération en génération d'amateurs du malouf.
Concernant les circonstances qui l’ont Amenée à rejoindre les rangs de l’ALN, Yamina Cherra nous raconte : «Lorsque les autorités coloniales ont procédé à l’arrestation des cinq dirigeants de la Révolution, le 22 octobre 1956, le FLN avait lancé un mot d’ordre de grève, j’avais, à l’exemple de la majorité des Algériens observé cette grève en restant ,ce jour-là, à mon domicile, mais il n’a pas fallu longtemps pour voir la police coloniale débarquer chez nous et m’emmener de force à mon lieu de travail à l’hôpital. Quelques jours plus tard, alors que je rentrais chez moi après le travail, une fusillade éclatatout près de moi. C’étaient des soldats français qui essayaient de terroriser les citoyens. Face à ce harcèlement permanent,je me suis rendue chez le dentiste Boustira Tahar, dont nous savions qu’il travaillait pour le compte du FLN,pour lui exprimer mon souhait de rejoindre les rangs de l’ALN. Il me fixa rendez-vous à la date du 12 novembre 1956. Le jour J, accompagnée deBrahim Zeggar et de Benatia Abderrahmane, je me suis rendue à El-Eulma, puis nous avons pris la route de Tachouda avant de rejoindre Djebel Babor. J’ai été la première femme infirmière à rejoindre la Wilaya II. En 1957, j’ai rejoins la région de Ouled Askar, unlieu appelé Zeitouna, où je soignais les blessés, tout en assurant la formation des nouvelles recrues qui arrivaient» En lui demandant de nous raconter le fait qui l’a le plus marquée, elle répond: «Après 1959 et l’installation des camps de regroupement dans le but d’isoler lepeuple de la Révolution, nous avions souffert terriblement du manque de ravitaillement et de médicaments, nos déplacements étaient devenus rares à cause des mouvements permanents de l’armée coloniale qui, soutenue par l’aviation, effectuait des ratissages sur de vastes espaces. Après l’indépendance, cette combattante poursuivra son parcours d’infirmière jusqu’à la retraite. Elle a été une véritable école, contribua à former les jeunes et à ancrer en eux les valeurs deNovembre et la nécessité de suivre la voie tracée par les aînés.
La Moudjahida Yamina CherradMme Yamina Cherrad nous racontent l’histoire et la lutte d’une femme qui s’est sacrifiée corps et âme pour que l’Algérie soit libre et indépendante. Des souvenirs douloureux sont à jamais gravés dans sa mémoire, particulièrement, les massacres du 8 Mai 1945.«J’avais neuf ans à l’époque et je me souviens que les autorité coloniales avaient regroupé des membres de ma famille ainsi que certaines de nos connaissances pour les incarcérer à la prison de Sétif avant de les transférer, par camions, à Kherrata et, depuis, nous n’avons jamais plus eu de leurs nouvelles.» Et d’ajouter: « La violence et l’injustice que les autorités coloniales ont fait subir au peuple algérien,durant cette période, demeurent les souvenirs les plus amers qui m’ont poussé à rejoindre, un peu plus tard, les rangs de l ’ A L N .